Imany, un des meilleurs albums de la décennie ?

Imany fêtera ses deux ans le 27 Avril prochain et c’est l’occasion pour parler d’un album qui est pour moi l’un des meilleurs de la décennie qui vient se clôturer.

Je connaissais Dinos principalement grâce à un titre : Paradis en Fer que je trouvais magnifique. Je ne m’étalerai pas dessus car je pense qu’il vaut mieux l’écouter par soi même. Il est introuvable sur les plateformes de streaming mais quelqu’un l’a republié sur YouTube.

Pour en revenir à Imany, j’ai acheté le CD en Juin 2018 alors que je venais de le trouver par hasard dans un rayon. J’avais déjà écouté quelques titres comme Helsinki et Rue Sans Nom qui avait leaké sur YouTube la veille de la sortie de l’album. Helsinki m’avait mis une claque, mais à vrai dire ça n’est pas surprenant tellement ce titre va à contre courant de ce qui se fait dans le rap.

Les singles annonçait déjà qu’Imany n’allait pas être un album comme les autres. Le premier en date, « Flashé », sorti le 22 Février 2018, laissait transparaître une ambiance planante sur une prod de Richie Beats, où Dinos rappe et chante comme il le fera sur tout le reste de l’album.

Cet album a pris du temps à voir le jour pour des causes de problèmes avec la maison de disque dans laquelle il avait signé lorsqu’il était tout juste majeur, mais aussi pour des raisons artistiques : Imany signifie la foi en Swahili ce qui explique l’attachement de Dinos à ce titre et l’envie de faire un album important. C’était une étape dans sa carrière qu’il a donc su prendre le temps de préparer. 

L’album sort après 3 ans d’attente pour les fans de la première heure. Dinos nous livre ainsi, le 27 Avril 2018, un album qui restera dans les mémoires et s’impose comme une des figures montantes du rap français les plus importantes de 2018/2019. Cependant, le succès d’estime et non commercial d’Imany lui laisse un gout amer comme il le dévoilera dans certaines interviews à l’occasion de la sortie de Taciturne en 2019 et explique ainsi sa direction artistique sur ce second projet.

La pochette d’Imany shootée à La Courneuve, le quartier de Dinos

Je n’étais pas convaincu du tout à la première écoute, mais je me suis obligé à le réécouter car j’avais tout de même acheté le CD. Et après de très nombreuses écoutes, je peux assurer qu’Imany est un premier album réussi qui s’est laissé le temps de maturer et de prendre des risques et il nous montre bien que si tout le monde travaillait autant ses projets, nous n’aurions pas plusieurs sorties par semaine comme nous l’avons actuellement.

Une période d’essai réussie pour Kobo ?

Le rappeur bruxellois a connu une ascension durant ses 3 dernières années : il a sorti en Aout 2016 le clip d’un premier single réussi où l’on peut déjà voir une partie de sa technique rapologique, « What’s my name ? » Ce clip est suivi quelques mois plus tard en Décembre par « Présumé Sobre » annonçant quand à lui son univers plus planant. On voit également une tendance à se placer en dehors des attentes populaires : le refrain revient certes de nombreuses fois dans le son, ce qui est assez récurrent, ce dernier ne fait pas moins de 6 minutes. Pour un deuxième son, c’est un risque à prendre, et ici, il est payant avec plus de 265 000 vues à l’heure actuelle.

 Il a ensuite commencé à sortir des clips pour les singles de son album. Il commence avec « All Eyes On Me » (qui est un de mes sons préférés de l’album). Viens ensuite la sortie du clip de  « Baltimore » qui lui a permis d’avoir un plus grand succès qu’avec ses précédents clips. Le clip est travaillé, agréable à regarder et le concept de réalisation sur lequel il est basé est aussi impressionnant techniquement qu’au niveau des permissions de storytelling qu’il offre. Nul besoin de préciser que toutes ces qualités sont assez rares pour un artiste alors si peu connu. Il sort ensuite le clip de « Charbon », moins remarqué et ambitieux que le précédent mais tout de même visuellement intéressant.

Nous remarquons lors de ses différentes apparitions qu’il décide de cacher son visage à l’aide d’un masque. On peut alors penser à une tentative de rendre sa personne anonyme afin de mettre seulement son art dans l’équation de son succès. Cependant, le 23 Mai 2019, la veille de la sortie de l’album, de courts extraits de titres de l’album sortent sur sa chaine YouTube. Il apparait sur la cover sans son masque. 

L’apparition visage découvert se concrétise réellement le lendemain, le 24 Mai 2019, jour de la sortie de son premier album intitulé « Période d’Essai » sur la pochette duquel il apparait à la fois visage caché à gauche et découvert à droite. Le même jour sort son double clip « Nostalgie x Succès » où il fait symboliquement tomber le masque dans un storytelling fort, un clip visuellement magnifique comme il commence à y habituer ses fans, tout en restant très énigmatique.

Mais qu’en est-il de la musique ?

C’est pour moi un des meilleurs albums de 2019. Dans un rap game s’uniformisant, Kobo nous a donné un album très diversifié où il nous montre ses punchlines, ses rimes, ses mélodies et qui nous prouve que cet homme qui sort de l’ombre est un bon rappeur.

Il a mis en place une adresse mail pour recevoir des prods depuis plusieurs mois montrant qu’il travaille sur la suite de sa carrière (Koboalbum2@gmail.com). On ne peut donc qu’espérer que sa volonté pour son prochain projet est toujours de nous donner un album aussi ambitieux. Souhaitons lui de profiter de son succès d’estime, d’atteindre un succès commercial avec le prochain projet et surtout de prendre son temps pour le sortir, même si étant signé chez Capitol, je doute qu’il n’ait le choix de sa date de sortie.

Pour finir, j’allais vous recommander un son mais ce serait dénigrer tout le reste de l’album alors je ne peux que vous conseiller de l’écouter entièrement pour vous faire votre propre avis. Vous trouverez néanmoins mes sons préférés dans la playlist qui sera bientôt disponible.

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